JAP


Tous les maîtres de boxer partagent cet adage:

BOXER UN JOUR, BOXER TOUJOURS ! ...

Cela fait trente six ans que j'ai croisé mon premier boxer.
A cette époque, leurs oreilles étaient coupées en pointe et la queue était presque à ras.

Jap était mon cadeau d'anniversaire; il est arrivé dans une boite en carton fermée.
Lorsque je l'ai ouverte, il y avait cette petite boule de tendresse de deux mois couleur fauve avec deux grands yeux profonds dans le foncé que se doit d'avoir l'oeil du boxer.

L'émotion reste intacte: on s'est aimé tout de suite et j'ai dû m'habituer à être suivie partout, marcher sur la pointe des pieds dés qu'il dormait pour pouvoir faire autre chose!
J'apprenais la concentration fidèle du boxer envers son maître...

C'était le premier, j'étais sans expérience.
Il n'avait pas de "papiers", ce qui signifie : pas de PEDIGREE.

Il arrivait d'une animalerie avec une série de comprimés à lui donner pendant huit jours.

J'ai appris plus tard que c'est le délai où on peut le rendre pour se le faire rembourser.

A l'arrêt de ce que j'ai su être des antibiotiques, il est tombé malade.

Le diagnostic vétérinaire est tombé sans appel: MALADIE DE CARRÉ.

Le pronostic est généralement... MORTEL.

Est ce que ce début de notre histoire d'amour explique le reste du chemin avec cette race? Jusqu'à aujourd'hui où je pense utile d’écrire pour tous ceux qui aiment et auront envie d'un boxer?

Pour dire pourquoi il est si important d'en référer à un Club de Race qui donne les directives aux éleveurs et contrôle ses applications.

Chez un éleveur, vous n'aurez jamais un chiot non vacciné que vous aimez déjà si fort qu'il n'est pas question de le rendre face à ce pronostic qui tombe comme un couperet...

Mais, je vous rassure tout de suite quant à la suite de notre histoire avec Jap: nous avons passé dix ans ensemble!
J'ai compris très vite que je partageais une des qualités principales (qui peut virer en défaut...) du boxer:

ÊTRE TÊTU, TRÈS!!!

J'ai décidé qu'il n'allait pas mourir. Il avait décidé que c'était une bonne idée. Une rude bagarre qu'on a mené tous les deux...
Ça fait du lien très fort...

C'est avec Jap que j'ai appris la nature de ce lien magnifique qui unit le maître à son chien...

Tiens! A ce propos je voudrais partager une pensée qui m'est venue depuis tout ce temps qui fait une passion qui dure.
On définit un "maître" comme celui qui vous apprend.
Moi, j'ai tant appris d'eux et, je continue de tant apprendre encore...
Ils me permettent de devenir meilleure et plus aimante (connaissez vous un humain qui manifeste dix fois de suite quand vous entrez dans la pièce une joie chaque fois intacte?...).

Il m'est venue cette pensée : c'est peut être eux, au fond, qui souvent nous élèvent...

Dans cette histoire (et d'autres multiples car les maîtres de boxers se racontent beaucoup d'histoires de boxers!!), je me plais à dire que que ce sont eux qui sont mes ... Maîtres...

Le chien descend du loup. Les hommes ont construit les races à la suite de leur domestication.
Les dernières études faites sur le sujet indiquent que l'on s'est trompé sur le début:
ce n'est pas l'homme qui a apprivoisé le loup pour le domestiquer.

C'est le loup qui a apprivoisé l'homme pour????


ASKAN


Lorsque Jap est parti au bout de dix ans, c'était sûrement pour un paradis tant il a été un bon chien...
A la fin de sa vie quelque chose avait changé dans notre histoire.
Il a passé ses deux dernières années avec l'homme de ma vie: une sacré rencontre entre ces deux!

Fous l'un de l'autre avec jusqu'au dernier souffle des jeux et batailles suivies de ces câlins comme ils savent en faire...

Lui, parti et malgré notre bébé fille arrivée dans notre vie (il a attendu ça pour tirer sa révérence...), son absence laissait trop de vide plein de chagrin...

Sauf que cette fois, il s'est agi de ne pas recommencer les mêmes erreurs: dix ans plus tard et un peu plus d'expérience, avec un bébé en plus à grandir avec il FALLAIT absolument un chien boxer dans la certitude de la lignée. Plus question de sans papiers mais un boxer avec un pedigree.

Merci les revues qui parlent de chien!
Nous avons trouvé un élevage pas loin de Paris où nous habitions.

Ah! La joie du voyage vers ASKAN!
Un "bringé" cette fois avec son museau "marqué en blanc" sur son masque noir.

Un boxer vrai de vrai avec traçabilité du produit sur plusieurs générations.
Avec un bébé à élever ensemble, même hauteur et même élans, c'est incontournable!
C'est rester au plus prés de la garantie du caractère du boxer dont la réputation n'est plus à faire quant à son rapport avec les enfants qu'il adore!

Ils ont grandi tous les deux de concert et mon histoire d'amour est devenu la notre: c'était NOTRE chien.
Askan n'a pas failli à la réputation qui colle à sa race:

LE BOXER EST CHIEN DE FAMILLE.

Ils ont partagé tous leurs jeux: bacs à sable, râteaux, pelles, poupées et le reste, des jeux d'eaux, la mer, les bois, le lac; apprendre à nager, à marcher, à se comprendre, tout...

J'aime à dire puisque notre fille est "unique" que c'est une bonne chose: avec Askan elle a du apprendre à compter jusqu'à deux!

D'ailleurs, c'est drôle, lorsque notre fille parlait de son enfance, elle avait choisi un récit tout à fait signifiant: -” Papa et maman me laissaient dans la voiture pour aller au cinéma" !!! (je laisse le soin aux maîtres de faire les liens qui s'imposent!!).

Elle a marché heureusement sur deux jambes et non quatre pattes!

Dix ans plus tard, Askan nous a quitté lorsqu'elle était en classe de neige.

Les boxers font toujours bien jusqu'au bout...

LEMBADA ET FLHAME


La suite, c'est à cause de notre fille unique qui ne voulait pas, ne pouvait pas le rester...

Son chagrin d'un soir a été si violent que nous avons accepté de repartir en quête d'un autre boxer (l'idée cette fois était aussi que ce pourrait être une femelle).

La chance nous attendait: toujours dans la revue du chien qui ce mois là rendait justement honneur à cette race!
Avec, en prime, le nom d'un" délégué " du Boxer Club français et aussi son téléphone!

Je ne risque pas d'oublier l'interrogatoire auquel il m'a soumise à ma demande d'un chiot!
C'était un dimanche (les passionnés répondent sept jours sur sept!).

-est ce que je connaissais le boxer?
-est ce que j'avais déjà eu un boxer?
-combien de temps? Et manger et dormir sans oublier que les soins médicaux ont un coût!
-nos temps de liberté à lui consacrer?
(un peu sportif, c'est mieux!)
-le faire se dépenser pas seulement - un - jour mais TOUS les jours!
-et notre maison, un jardin?

Il avait raison.
Ce sont les questions que l'on DOIT se poser avant de décider d'une tranche de vie avec un boxer et il ne faut pas se précipiter à la légère: c'est un contrat non résiliable pour raison de commodité ou lassitude...

J'entendais bien que nous étions passé à la vitesse d'exigence supérieure quant au mot dont j'apprendrais complètement le sens plus tard: SÉLECTION.
C'était, moi, nous, la famille qui étions à l'évaluation!

Lui, c'était le maître d'un champion (c'est tout un travail, de faire un champion; ce n'est pas quelque chose qui s'improvise: c'est pour qu'il transmette à sa descendance les qualités qui ont été acquises de tout un travail de SÉLECTION .)

Un champion a un destin: améliorer encore et encore la race.

Voilà comment nous sommes arrivés à LEMBADA: notre premier boxer aux oreilles tombantes, robe bringée assez foncée et masque noir, on dit unicolore!
Nous avions choisi avant la rencontre un nom de danse pour le mouvement joyeux qui nous portait vers lui - ou bien elle -
Le qualificatif de joyeux le définit bien: si son masque foncé aurait pu lui donner l'air sévère, son désir et sa joie de vivre restera un exemple de cette volonté forte du boxer à être dans la VIE.

Avec lui est venue l'histoire de notre engagement dans le Club de race: de cette compréhension de tout ce qui avait été fait avant nous pour préserver les qualités de construction et de caractère du boxer.

Oui, par respect de tout ce soin à ce chien extraordinaire...

Nous l'avons confirmé, fait faire les examens de santé et même nous piquer au jeu de participer aux expositions: quelle joie de se réveiller le matin pour rejoindre le ring et se trouver face à un champ plein..., de boxers!
Et puis les discussions passionnées avec les autres maîtres, la compétition qui fait les grandes histoires de famille (qui peuvent se diviser mais finissent par se regrouper dans la passion commune!). Apprendre à conduire son chien par le travail.
C'est quelque chose d'un plus dans le lien à son animal que le partage de toutes ces émotions là...

C'est avec lui que nous avons rencontré tous ces obstacles qui nous font comprendre et grandir dans cet apprentissage: c'est en nous corrigeant que l'on fait progresser notre chien (rappelez vous: je dis qu'ils sont nos maîtres....)

Au bout de deux ans cette passion nous avait contaminé si fort que j'ai adopté la devise qui ne m'a plus quitté:

-qu'y a t-il dans la vie de mieux qu'un boxer?

-DEUX BOXERS!

Et c'est vrai...

Lembada nous a amené jusqu'à FLHAME, en Allemagne cette fois (les passionnés de boxers font beaucoup de kilomètres!), une première femelle deuxième avec des oreilles tombantes, fauve marquée en blanc.

Je continue de défendre ma devise, mais je sais aussi que deux, c'est une autre histoire qui s'appelle avoir une MEUTE, avec sa loi qu'il s'agit de préhender pour garder le contrôle.
Mais quelle richesse d'expérience, quelle démultiplication et amplitude dans l'intensité des bonheurs... Les regarder courir flanc contre flanc, les écouter s'expliquer, faire l'apprentissage de leurs codes pour se signifier et nous montrer, prévoir avant eux (et ils vont vite à se dire les choses!) pour gérer la chorégraphie qui doit éviter les incidents

C'est avec eux que nous avons fait le choix de vivre dans la montagne en Suisse et je suis fière de raconter que je voyais les biches - avant - eux pour anticiper les rappels!!
Deux, ce n'est pas seulement garder bon pied mais aussi bon oeil!!!

Ils pourraient donner lieu à un roman et restent à jamais une mémoire émerveillée de leur liberté, ici, dans la beauté de la nature et des saisons...


Nous voulions connaître la joie d'une portée.
Flhame avait une MALFORMATION CONGÉNITALE (il ne faut pas croire que la sélection protège de tout).
Nous avons dû la stériliser à cause du problème augmenté pendant ses chaleurs sur son estomac.

Dans l'histoire d'avoir un couple, cela a bien facilité les jours à risque qui n'étaient pas faciles à gérer!

Ils sont partis en deux mois de temps...
Autant dire,
ensemble...,
Ce couple.

Lui avait un peu plus de douze ans et elle à peine dix.

Il m'en reste ceci:

-12 ans de durée de vie est maintenant le contrat que je vise! (faire un bon accord avec son vétérinaire!):
C'est possible, tous les maîtres de boxers adorent les exceptions de plus encore de longévité..

Je vous l'assure: c'est le SEUL moment où nos boxers nous font de la peine...

BORÉALE

J'étais ..., inconsolable.

Ce trop de chagrin rendait inéluctable la décision de ne plus prendre le risque de traverser cette douleur, encore...
Donc, plus de boxers...

.......
Et puis,
j'ai rêvé d'elle...
Bringée foncée, marquée en blanc avec ce petit tornicotis de poils blancs au bout de sa queue (notre première avec la queue longue et qu'est ce que c'est bien et utile pour eux sauf pour les tables basses: surtout pour ce qu'il y a dessus, avis aux amateurs, la queue du boxer est très active, ils sont toujours contents!!!).

L'image du rêve m'a hantée.
Elle s'est imposée,
je n'avais plus de choix.
C'était comme si elle m'appelait.

Je ne regrette rien, car nous voici ce jour: cette aurore BORÉALE est la lumière qui résulte de la rencontre de l'eau et du feu.

Notre DAME DU NORD nous amène vers cet accomplissement que nous ne connaissions pas:

UNE PORTÉE !!!

C'est elle qui justifie le JOURNAL DE BORD qui se voudrait l'utile joint à l'agréable pour que ces conseils pratiques dont nous avons bénéficié ces années d'expériences soient transmis.

Pour aller jusqu'au bout et redonner ce qui nous a été donné: nous avons tant reçu...

Mettre au monde pour que d'autres fassent rendez vous à la même joie que celle qui fût et continue d'être nôtre.

POUR QUE S'ÉCRIVENT ENCORE ET ENCORE D'AUTRES GRANDES HISTOIRES D'AMOUR.